Sur 30 députés UDF, 16 ont voté contre et 13 se sont abstenus.

Bayrou a reconnu dans ce vote "une prise d'indépendance clairement affirmée de l'UDF". L'an dernier, l'UDF s'était abstenue sur les recettes mais avait voté l'ensemble du budget.

Aux yeux de l'UMP, l'UDF, qui s'est montrée ces derniers mois de plus en plus critique du gouvernement, a cette fois franchi la ligne jaune.

"Lorsqu'on vote contre un budget, on est dans l'opposition", a prévenu le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer.

M. Bayrou a insisté sur les raisons "de fond" qui ont motivé sa décision. L'UDF s'est posé trois questions: "le budget est-il fiable, est-il juste, sera-t-il efficace pour sortir le pays de la crise", a-t-il expliqué. "A ces trois critères, l'analyse nous a conduit à répondre non".

"La situation de la France aujourd'hui est si grave et la responsabilité politique si lourde de conséquences, qu'on ne peut pas se contenter de demi-mesures", a-t-il ajouté, affirmant que certains abstentionnistes pourraient "aller plus loin" lors du vote de la deuxième partie du budget.

Mais pour le ministre du Budget Jean-François Copé, le projet de budget 2006 présente des réponses aux attentes de tous les partis politiques et devrait donc être adopté "à l 'unanimité", a-t-il ironisé.

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer estime de son côté que François Bayrou crédibilise ainsi aux yeux des Français sa démarche d'"automonie" vis-à-vis de l'UMP, et sa volonté de présenter en 2007 "une proposition politique alternative" à celles de l'UMP et du PS.

Pour sa part, Gilles de Robien, seul ministre centriste, a fustigé cette attitude, affirmant que François Bayrou "nuit au gouvernement et nuit à la France".

Le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, a souligné quant à lui que "le vrai test pour l'UDF c'est au Sénat, puisque l'UMP n'y a pas la majorité. Je prends le pari que l'UDF ne fera pas chuter la majorité au Sénat", a-t-il dit.

L'an dernier, l'UDF s'était abstenue sur le volet recettes mais avait voté l'ensemble du budget. Elle s'était abstenue sur le projet de budget 2004.

Les députés aborderont la deuxième partie du budget, sur les dépenses, à partir du 2 novembre.