Mais le nombre considérable des indécis, qui représentent près d'un quart de l'électorat, promet un scrutin ouvert.

Les dernières enquêtes d'opinion, interdites depuis la fin mars, donnaient à l'"Unione", l'alliance de centre gauche de Romano Prodi, une avance de trois points et demi à cinq points sur la "Maison de la liberté", la coalition conduite par Berlusconi.

La campagne a été virulente, les insultes ont fusé de part et d'autres, à tel point que le président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, s'est senti obligé d'intervenir le mois dernier pour calmer les esprits.

Le président du Conseil sortant s'est présenté comme un martyr, s'est même comparé à Jésus-Christ, accusant pêle-mêle la presse, les magistrats et le patronat de vouloir sa perte. Il a traité les électeurs de centre gauche de "couillons", son adversaire Prodi, ancien président de la Commission européenne, d'"idiot utile" au service des communistes, et a prédit l'apocalypse en cas de victoire de l'Unione.

Berlusconi, qui avait triomphé en 2001 en promettant aux Italiens un miracle économique, s'appuie aujourd'hui sur un bilan contesté par ses adversaires.

Effectivement, les impôts directs ont baissé, mais moins que prévu, et cette baisse a été pratiquement neutralisée par l'augmentation des taxes indirectes. En 2005, pour la deuxième fois en trois ans, la croissance n'a pas été au rendez-vous. Sur cinq ans, elle a été en moyenne de 0,6% par an, en queue de peloton des douze pays de la zone euro.