Dans le cadre de ses échanges, publiés lundi 10 avril, Patrick Devedjian a pointé « le centralisme de la société française » qui « reste un élément de difficulté parce qu'il ne peut concevoir la réforme que de manière uniforme ». Or, « dans une société de plus en plus complexe, les réformes uniformes sont inadaptées » a-t-il fait valoir.

Il a relevé que « notre héritage politique, de la monarchie à la révolution jacobine, a fait que les gouvernants estiment avoir vocation à conduire l'ensemble du pays vers une lumière qu'ils sont les premiers à apercevoir ». Or, selon lui, « la réforme est conçue dans la haute administration et ensuite elle est octroyée ».

« Pourtant, le moindre maire de petite commune sait que, pour changer un sens unique, il ne suffit pas de faire un arrêté. Il faut commencer par réunir les usagers, les gens du quartier, discuter, etc » a-t-il rappelé et déploré que « les gouvernants font exactement l'inverse » en apportant « une solution avant que l'opinion ait eu conscience du problème ».

Il a plaidé pour une rupture avec la « méthode qui consiste à concevoir la réforme dans les bureaux de la haute administration et à l'octroyer au peuple qui l'attendrait avec gratitude ». Selon lui, il « ne suffit pas de dire que la loi doit être supérieure à la rue, encore faut-il que les institutions, en l'occurrence le Parlement, permettent l'expression permanente des contradictions de la société ».

Dans cet esprit, il a proposé une évolution qui passe par « une réhabilitation complète du rôle du Parlement ».