Mondialisation : ne pas la subir !
Par Cybermilitant UMP, vendredi 26 mai 2006 à 11:39 :: Monde :: #314 :: rss
Le seul fait d'énoncer que le monde a changé depuis 40 ans ne permet pas de faire l'économie d'une analyse plus fine du jeu des acteurs privés et publics, en France comme dans le monde. Ainsi, la nécessité pour les industriels et les chercheurs de développer des coopérations productives de valeur n'est pas un hasard et ne relève pas de l'altruisme ou de la générosité.
Elle résulte des conditions techniques et économiques du moment, dont les maîtres mots sont, on le sait, "mondialisation" et son revers "délocalisation", "compétitivité" et son substrat "économie de la connaissance" ou plus encore "innovation". La mondialisation est chargée d'espoirs et de craintes. Mais, objectivement, c'est la peur qui l'emporte. Hémiplégiques, nos cerveaux n'enregistrent que les drames des fermetures d'entreprises dans l'incapacité de faire face à la concurrence par les prix à laquelle les confinent les pays émergents. Obnubilés par les menaces de délocalisations "commandées" par les donneurs d'ordres, nos cerveaux n'enregistrent ni les aspects positifs de la conquête des marchés lointains ni les investissements étrangers en France ou alors "seulement" pour pointer les risques des fonds de pension et le rachat de nos plus beaux fleurons. Bref, l'économie française serait livrée à tous les vents mauvais, incapable de résister aux attaques multiples.
Réponse universelle. Sans doute, faut-il prendre définitivement acte de cette ouverture qui semble se... refermer sur nous. Inutile, donc, de lutter "rapports d'experts" contre "rapports d'experts", chiffres contre chiffres. Les résultats des entreprises cotées au CAC 40 ont défrayé récemment la chronique : pour les uns, les bénéfices affichés restent modestes en taux et sont nécessaires pour rester dans la course ; tandis que les autres stigmatisent le contraste entre la santé "insolente" de ces grands groupes et le désarroi des salariés français. Quinze partout ! Peut-être devons nous au contraire concentrer nos efforts sur la façon dont on peut tirer profit de cette nouvelle donne. Dans ces temps difficiles la compétitivité fait figure de réponse universelle. La compétitivité ne se résume plus à la classique amélioration de la productivité des facteurs de production ni à l'augmentation de la productivité du travail. L'innovation n'évacue pas la concurrence par les prix ! Elle s'y ajoute. Il s'agit d'une nouvelle dimension de la concurrence globale que se livrent les firmes et les États et qui reste l'apanage d'un petit nombre de pays et d'entreprises.
Bien entendu, cette nécessité n'explique pas spontanément pourquoi l'innovation doit désormais emprunter les voies des processus de collaboration entre agents économiques, ni pourquoi elle a pour corollaire la proximité. L'innovation technologique ne se réalise pas en creusant son propre sillon scientifique et technique. Elle résulte de la combinaison de plusieurs champs scientifiques et technologiques. La collaboration est donc une contrainte autant technique qu'économique et financière.
De même, lorsque quinze spécialistes d'un même domaine scientifique ou technique doivent échanger, Internet et quelques colloques professionnels suffisent puisqu'ils partagent les mêmes codes de connaissance. Lorsque ces quinze spécialistes évoluent sur des champs de connaissances différents, la proximité devient nécessaire.
C'est sur cet ensemble de considérations, corroborées par l'émergence et le renforcement des réseaux d'entreprises sur les cinq continents, que la politique des pôles de compétitivité a été mise en place à partir de 2004. Initialement, cette politique avait été qualifiée de "nouvelle politique industrielle". Il vaudrait mieux parler de politique industrielle nouvelle, au moins pour une raison : cette démarche s'inscrit dans le cadre d'une nouvelle donne, celle d'une souveraineté économique européenne. Ce glissement sémantique n'est évidemment pas fortuit. Une nouvelle politique industrielle signifierait une relance de l'action publique telle qu'on l'a connue dans les années 60, c'est-à-dire fondée sur une action décidée et financée par l'État, qu'il s'agisse de la politique sectorielle ou, plus tard, de celle des filières. Évidemment, cette façon nouvelle de créer de la valeur bouleverse les comportements les mieux établis des agents économiques. Elle interroge aussi sur la façon de la répartir. Peut on continuer à nous croire les mieux armés avec pour viatique l'arsenal de lois et règlements mis en place aux plus belles heures d'une France protégée par ses frontières douanières, le Smic et le Code du travail ?
Nous ne devons donc pas baisser les bras et nous laisser aller à la nostalgie du passé. La France dispose de nombreux atouts mais nous devons adapter nos règles, nos comportements collectifs et individuels. Ce n'est pas dire qu'il faut jeter par-dessus bord ce qui a de mieux dans notre façon de vivre ensemble. Ce n'est pas dire que la solution est là, déjà écrite et que seule notre incapacité au changement interdit d'appliquer. Mais pour être nécessaire, les raisons de cette adaptation doivent être analysées, expliquées, comprises. C'est la raison pour laquelle la Fondation Prospective et Innovation, fondée par René Monory, a pour vocation d'analyser, d'expliquer et de faire comprendre le monde qui nous entoure, ses nouvelles règles du jeu et ce que peut faire la France dans ce contexte. Son programme de travail prévoit, pour 2006, un cycle de trois conférences dont la première qui se tient ce lundi au Sénat concerne précisément la mondialisation et les délocalisations.





Commentaires
1. Le dimanche 25 juin 2006 à 11:21, par L'Abrincate :: site
2. Le samedi 8 juillet 2006 à 15:22, par jo
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