A y regarder de plus près, les choses semblent plus compliquées. Le dépôt des listes pour l’élection s’est achevé vendredi dernier et il n’y en a qu’une, un phénomène étonnant pour un mouvement jeune dont le nombre d’adhérents a décuplé. L’unique candidat est l’actuel président, Fabien de Sans Nicolas, proche de Carignon et plutôt « avec Nicolas » Sarkozy, le président du parti. Assuré d’être élu à la fin du mois, il a hérité du poste en 2005 après la démission de la présidente Marie Guévenoux. Le fait que Brice Hortefeux, le bras droit de Sarkozy, l’impose a fait des vagues mais il a réussi comme le souligne le Figaro à « mettre les jeunes de l’UMP en ordre de marche ».

Si ce n’est qu’un mail envoyé aux militants cette semaine joue les grains de sable. Signé par sept membres du bureau national, le courrier explique pourquoi il n’y a pas de candidat contre Sans Nicolas : l’élection a lieu avant l’université d’été « ce qui exclut tout débat », des moyens pour faire campagne et de l’espace sur le site des Jeunes Populaires ont été « refusés ». Une phrase attire l’attention : « Les pressions très fortes exercées sur les signataires (ou supposés comme tels) » d’une motion opposée à la direction « laissent à penser qu'il en sera de même pour l'élection du Président ». Un signataire s’explique : « Il est facile de faire pression sur les militants salariés de l’UMP, leur travail, parfois leur logement et leur avenir politique dépendent du parti. On a déjà vu des gens démissionner ou être démissionné ». La ligne ? « Aucune tête ne doit dépasser » selon lui.

Raphaël Cognet, membre du bureau national à l’origine du mail rebelle parle de méthodes de l’époque RPR « dans un parti présenté comme moderne ». Les Jeunes populaires estiment eux « les pressions impossibles tant il y a de militants », ils évoquent plutôt l’« ambition personnelle » des opposants. Ceux-ci nient pourtant être ‘villepinistes’ et comptent bien défendre la candidature Sarkozy. C’est ailleurs là que réside le problème selon Raphaël Cognet, « Les Jeunes Populaires n’ont pas d’autonomie de budget et de structure, la formation des militants est insuffisante, la visibilité et les actions ne vont pas assez loin ». Quand on demande des preuves, il évoque la création du mouvement « Halte au blocage » des universités lors des manifs anti-CPE hors du giron des jeunes UMP. Cognet et d’autres ont jugé le parti trop mou sur la question, ce qui leur a ouvert la porte des médias au grand dam de la direction.

Le président de l’UMP Nicolas Sarkozy ne voulait pas de courants dans son parti. Si ce qu’il se passe chez les jeunes est une indication de l’avenir, chez les grands, de gros poissons risquent assez vite essayer de remonter les courants.

par 20minutes