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Violences faites aux femmes : des actes pas des mots

''Par Nassimah DINDAR, Déléguée générale à la diversité, Présidente du Conseil général de la Réunion
Valérie PÉCRESSE, Porte Parole de l’UMP, Députée des Yvelines
Bérengère POLETTI, Déléguée générale aux femmes, Députée des Ardennes''

Le 4 avril 2006, la loi renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs est entrée en vigueur. Soit, il y a 6 mois. Ces nouvelles mesures sont donc en train de commencer à faire leurs preuves. Cette loi, issue d’une proposition de loi d’un sénateur socialiste, largement modifiée et améliorée par des amendements des députés et des sénateurs de tous les groupes politiques et notamment de l’UMP a permis : le relèvement de l’âge du mariage des femmes de 15 à 18 ans pour lutter contre le mariage forcé (sénatrice UMP Joëlle Garriaud-Maylam), le droit de punir à l’identique les auteurs de violences contre leur ancien ou leur actuel conjoint, concubin ou partenaire lié par un PACS, la reconnaissance dans le code pénal de l’interdiction du viol entre époux, la possibilité légale d’attribuer sans délai l’appartement familial à la victime des violences, la sanction des violences commises à l’étranger contre les mineurs résidant habituellement en France afin de lutter contre les mariages forcés dans les pays d’origine des jeunes filles issues de l’immigration.

L’UMP a activement participé à toutes les lectures de cette loi, alors que Ségolène Royal n’a été présente ni en 1ère lecture (13 et 15 décembre 2005), ni en 2ème lecture (21 février 2006), ni lors de l’adoption finale à l’unanimité (23 mars 2006). Madame Royal n’a d’ailleurs ni déposé, ni cosigné d’amendements sur ce texte. Par ailleurs, la porte-parole du groupe socialiste en défendant la position de son groupe à l’Assemble nationale regrettait avec l’ensemble des groupes politiques que la prévention des violences familiales ne soit pas plus renforcée.

Nicolas Sarkozy, dans son projet de loi de prévention de la délinquance déjà adopté par le Sénat, a prévu que les auteurs de violences familiales habituelles soient obligés par le juge à un suivi socio-judiciaire c’est-à-dire, comme pour les délinquants sexuels, une prise en charge psychologique en plus des sanctions auxquelles ils sont condamnés. De plus, les médecins pourront révéler plus facilement à l’autorité judiciaire les violences faites aux femmes, femmes qui seront mieux accueillies dans les commissariats et gendarmeries grâce à des travailleurs sociaux et des psychologues. Enfin, Nicolas Sarkozy a accepté un amendement sénatorial obligeant l’Education nationale à contribuer à la lutte contre toutes les violences dont les violences faites aux femmes. Ce texte est depuis la semaine dernière en discussion à l’Assemblée nationale. Ségolène Royal n’a déposé aucun amendement et n’a participé à aucun débat depuis le début de la discussion.

Ségolène Royal semble vouloir faire table rase des avancées majeures des derniers mois nées d’un processus législatif unanime sans pour autant défendre d’idées précises. Nous regrettons que Ségolène Royal n’assume pas son rôle de parlementaire sur des sujets aussi importants pour la société française. Sans doute attend-elle que les Français lui disent ce qu’elle doit faire…

En matière de lutte contre ce fléau majeur que sont les violences faites aux femmes, ce n’est pas de grandes déclarations dont la France a besoin mais d’actes.