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Deux jours après le congrès de l'UMP, Dominique de Villepin, isolé depuis le ralliement de la quasi-totalité des chiraquiens à Nicolas Sarkozy, a commencé à se rendre à l'évidence. Devant la presse réunie à l'Hôtel Matignon pour cette cérémonie rituelle, celui qui s'est contenté d'une apparition-éclair au congrès de l'UMP et n'a pas participé au vote des adhérents a reconnu "dans un esprit de rassemblement" que "l'unité" de la droite "est la condition de la victoire".

Il est allé un peu plus loin après son discours en convenant que le président de l'UMP avait présenté dimanche une "vision sereine qui permet d'éclairer les choses". Il a précisé qu'il s'entretiendrait cette semaine de la campagne avec M. Sarkozy.

Le Premier ministre n'a pas rallié Nicolas Sarkozy pour autant. "Je suis un homme constant et fidèle", a rappelé celui qui a justifié son refus de participer au congrès par le fait que Jacques Chirac ne s'est pas encore prononcé.

Il a ainsi critiqué en creux le congrès de dimanche, marqué par la réunion de la famille UMP derrière son candidat. "L'unité, le rassemblement, ce n'est pas une image, une photographie. Ce sont des gestes, des paroles, des actions", a-t-il glissé aux journalistes.

Dominique de Villepin a de nouveau porté un regard sévère sur le déroulement de la campagne présidentielle qui, selon lui, "tarde un peu" à démarrer et ne s'est pas encore cristallisée sur un sujet, comme l'insécurité en 2002. "Un vrai débat démocratique, c'est aller au-delà des simples déclarations", a-t-il rappelé, souhaitant que les candidats se focalisent sur les questions de fond.

Le Premier ministre a donc insisté sur le fond, multipliant les propositions et les objectifs pour l'avenir. Celui qui estime que les résultats de son gouvernement confortent "les chances" de l'UMP a fixé les objectifs pour les prochaines années: 3% de croissance, 6% de chômage et 55% de dette publique en 2012. Le désendettement "doit être poursuivi avec obstination", a-t-il prévenu.

Dans une autre mise en garde aux candidats, il a jugé qu'il n'y aurait "rien de plus décourageant" pour les Français qui travaillent que de revenir sur les baisses d'impôt, comme le propose le PS.

Un an jour pour jour après l'annonce du contrat première embauche (CPE), dont l'échec retentissant l'a contraint à revoir à la baisse ses ambitions présidentielles, il a rappelé "l'urgence absolue de s'attaquer au chômage des jeunes" et proposé plusieurs "pistes de réflexion" pour poursuivre la baisse du chômage.

Il a ainsi prôné un élargissement du contrat nouvelles embauches (CNE) "sur la base d'une concertation étroite avec les partenaires sociaux" et émis l'idée d'ouvrir le droit à l'assurance-chômage dès le quatrième mois de travail au lieu du sixième pour tenir compte de la précarité croissante de l'emploi.

Le Premier ministre a enfin insisté sur l'Europe. Deux ans après le "non" français au projet de Traité constitutionnel européen, il a souhaité que la France "remette en chantier un projet institutionnel" et évoqué la possibilité d'un nouveau référendum.