Nicolas Sarkozy a confié à Xavier Darcos une mission relative à la revalorisation des conditions de travail, du statut et du revenu des enseignants. Dans un entretien au quotidien Le Parisien (05/02/07), l’ancien ministre délégué à l'Enseignement scolaire juge que « le corps enseignant vit actuellement un profond malaise ». « L'école traverse toutes sortes de difficultés et les professeurs ont bien souvent le sentiment d'être seuls, en première ligne, pour gérer les problèmes sociaux du pays » explique-t-il. « On leur demande à la fois d'être des éducateurs, des pédagogues, de transmettre des valeurs tout en affrontant la violence des quartiers. Ils ont le sentiment de ne pas être reconnus à leur juste valeur, de ne pas être suffisamment payés, honorés, respectés ».

« Les profs sont au coeur de la transmission, donc au coeur de l'information. Leur poids social, leur poids intellectuel est énorme, leur parole compte beaucoup » poursuit-il. Quant au préjugé selon lequel le corps enseignant serait toujours majoritairement à gauche, Xavier Darcos estime que « les choses sont en train d'évoluer ». Cela « tient en partie au changement sociologique du milieu enseignant », « moins clivé qu'auparavant ». Il constate par ailleurs que « les profs ne se reconnaissent plus forcément dans ce que la gauche a porté pendant très longtemps, c'est-à-dire le pédagogisme, l'idée qui tournait autour de l'enfant constructeur de savoir ». Et de conclure : « certaines valeurs des enseignants comme le respect, la morale, l'autorité, la tradition issue de Jules Ferry, ce n'est plus la gauche qui les défend mais la droite. C'est un vrai renversement de l'histoire ».