Après les deux premières conférences sociales sur les conditions de travail et sur le pouvoir d’achat, une troisième conférence sur le thème de l’égalité professionnelle et salariale hommes et femmes s’est tenue le 26 novembre, pilotée par Xavier Bertrand, ministre de l’Emploi, des Relations sociales et de la Solidarité, et de Valérie Létard, Secrétaire d’Etat en charge de la Solidarité. Objectif de cette réunion : réfléchir aux moyens de mesurer les pratiques discriminatoires à l’égard des femmes et de les sanctionner à la juste mesure de leur gravité.

Chômage, contrats précaires, salaires moindres, responsabilités au compte-goutte, partage inéquitable des tâches domestiques : les inégalités entre hommes et femmes persistent encore. Malgré la croissance de l’activité féminine et malgré la progression du niveau d’éducation des femmes qui a rejoint, voire dépassé, celui des hommes, les écarts de salaires ne se réduisent que très lentement. On constate ainsi que le salaire horaire moyen des femmes est inférieur de près de 19% à celui des hommes. Concernant les retraites, les femmes retraitées ont touché en 2004 une pension moyenne de 1 007 euros par mois, soit 38% de moins que les hommes qui ont perçu 1 622 euros, selon les statistiques fournies par le ministère de l’Emploi et de la Santé. Il est donc aujourd’hui urgent de "progresser dans notre pays pour rendre effective l’égalité des sexes".

Pour préparer la conférence sur l’égalité salariale entre les hommes et les femmes, deux groupes avaient été constitués : - le premier, piloté par la Direction générale du travail, était axé sur la relance de la négociation collective sur l’égalité salariale et le renforcement de la lutte contre les discriminations salariales. - La seconde, pilotée par le Service des droits des femmes et de l’égalité, a porté sur la lutte contre les effets structurels qui affectent la rémunération et la carrière des femmes, tels que la formation, le parcours professionnels ou la vie professionnelle et familiale.

A l’issue de la conférence, Xavier Bertrand et Valérie Létard ont déterminé les axes principaux sur lesquels ils mettront l’accent pour permettre aux femmes d’accéder à l’égalité professionnelle et pour lutter contre la précarité : - la diversification des modes de garde adaptés aux besoins des femmes et des familles et la mise en place d’un droit de garde opposable : le secteur de l’aide à domicile sera également développé pour mieux assurer l’accompagnement des personnes âgées et handicapée - l’amélioration de la qualité du temps partiel : il ne s’agit pas de remettre en cause le temps partiel choisi, mais de lutter contre le temps partiel subi. Nombreuses sont en effet les femmes qui aspirent à travailler davantage pour améliorer leurs revenus mensuels. - l’orientation et la promotion professionnelle : il est essentiel de diversifier l’emploi féminin et de favoriser le partage des responsabilités : en effet, près de la moitié des emplois occupés par les femmes sont concentrés dans 10 des 86 familles professionnelles. De plus, elles n’occupent qu’un quart des fonctions d’encadrement des entreprises du secteur privé et sont absentes aux plus hauts postes de l’administration.

Par ailleurs, à l’issue de la conférence, Xavier Bertrand, a annoncé la mise en place de sanctions financières à partir du début de l’année 2010 pour toute entreprise qui n’aura pas mis en place des mesures de rattrapage salarial pour les femmes : « Toutes les entreprises de plus de 50 salariés devront avoir mis en place, d’ici au 31 décembre 2009 , un plan de résorption des écarts salariaux entre les hommes et les femmes, qui comportera donc des mesures de rattrapage salarial. Sinon, il y aura des sanctions financières payables dès le début de l’année 2010 », a–t-il affirmé.